Chacun est dans l’obligation d’influencer et de rapprocher les cœurs

23
Mai

Influence / chacun est dans l’obligation d’influencer et de rapprocher les cœurs

השפעה \ על כל אחד להשפיע ולקרב לבבות

Nous devons connaître un enseignement fondamental : Pour tout ce qui intervient dans notre vie, en temps d’examen de conscience qui nous touche personnellement ou qui touche la collectivité. Dans cette génération orpheline, nous sommes plongés dans l’obscurité. On cherche à rendre confuse notre véritable foi en Hakadoch Baroukh Hou, et tout Juif est obligé de renforcer le prestige du Ciel, d’intensifier dans le monde entier, partout où c’est possible, la lumière véritable, et d’approcher nos frères, les enfants d’Israël, d’Hakadoch Baroukh Hou, de l’étude de la torah et de la pratique des mitsvot. Or voici que le matin, chaque Juif dit pendant la lecture du Chéma : « Tu aimeras Hachem ton D., de tout ton cœur etc. »

La Guemara, dans le traité de Yoma, explique : « Que le Nom du Ciel soit aimé par toi ».

Cela signifie qu’il ne te suffit pas d’aimer Hachem de tout ton cœur, de toute ton âme et de tous tes moyens, il faut aussi que le Nom du Ciel soit aimé par ton intermédiaire. Il faut que tu fasses en sorte que les gens aiment Hachem.

Voici ce que dit le Sifri : « le faire aimer des créatures », comme Avraham Avinou qui faisait entrer les gens sous les ailes de la Présence Divine, car celui qui chérit Hachem et l’adore en partant de l’amour et non pas de la crainte et de la contrainte, rapproche les gens qui viennent s’abriter sous les Ailes de la Présence Divine.

Il est donc possible de préciser, à partir de l’instant donné par la Guemara comme étant le départ de la possibilité de s’acquitter de la lecture du Chéma, qu’il intervient « dès qu’il est possible de voir son prochain à une distance de quatre coudées et de le reconnaître ».

Rapprocher les cœurs

Là se cache un grand fondement: Lorsque vous voyez un homme éloigné de Hakadoch Baroukh Hou, éloigné des quatre coudées de la halakha et qui ne reconnait toujours pas son Créateur, vous êtes dans l’obligation de le rapprocher, afin que lui aussi sache la grandeur et la vérité, et que lui aussi lise le Chéma, dans le sens de «le faire aimer des créatures», afin de tirer les personnes avec des cordes d’amour et un bâton de douceur, et d’expliquer la grandeur du bonheur des gardiens des commandements de Hachem, que le monde n’est que vanité des vanités, tel un rêve fuyant. Préparez-vous dans le couloir afin d’entrer dans le palais.

Et il faut savoir que ces paroles ne s’adressent pas seulement aux rabbins et aux justes, mais à tout un chacun du peuple d’Israël. Toute personne ayant le pouvoir d’influencer toute autre personne du peuple d’Israël, est tenue de s’efforcer de son mieux afin d’approcher les autres de l’amour de Hachem et de ses commandements.

L’homme doit connaître les paroles de la Guémara du traité Chabbat page 54 : « Toute personne capable de sermonner les gens de sa maison mais ne les sermonne pas se fait prendre avec les gens de sa maison ; [de sermonner] les gens de sa ville, il se fait prendre avec les gens de sa ville ; [de sermonner] le monde entier, il se fait prendre avec le monde entier.» Il n’y a rien à soutenir contre ce principe. Toute personne qui a les moyens de réprimander et de rapprocher mais s’en abstient, finit par se faire prendre et par être châtiée.

Nos Sages ont souligné : « Le mort est revêtu d’habits de tissu [ בדָב bad]. Pourquoi ? Dans le sens de solitude [ בדָידָות bedidout]». Ce n’est qu’au moment de la mort que l’on revêt des habits de solitude. Tant que l’homme est en vie, il ne peut pas dire qu’il veut se retrouver seul avec lui-même, qu’il veut s’investir pour sa propre personne, et que chacun fasse ce qu’il lui plait. Nous sommes obligés de réveiller les gens de notre maison, les gens de notre ville et les gens du monde entier, par tous les moyens, afin de leur montrer le chemin où réside la lumière, la lumière de la vérité.

C’est ce que nous trouvons chez le Cohen Gadol le jour de Kippour. Lorsqu’il achevait le culte de ce jour, «il retirait les habits de tissu dont il s’était vêtu en arrivant dans l’enceinte de sainteté. »

Le jour de Kippour, le Cohen Gadol se retirait de la foule et se préparait pour le culte de Hachem à l’occasion de ce jour grand et redoutable. Ainsi, pendant sept jours, il se séparait de sa famille, de toutes ses connaissances et de tous ses amis. Mais à peine avait-il achevé ce qu’exigeait de lui le culte du jour de Kippour, qu’il retirait les habits de tissu. Il faut se défaire de la solitude du culte de Hachem pour soi-même et se replonger dans l’ensemble du peuple d’Israël afin de l’approcher du culte de Hachem et de l’influencer, de sorte qu’il se perfectionne dans l’accomplissement des commandements et des bonnes actions.

Nous sommes d’avis qu’une partie non négligeable de la douleur qui nous affecte ces dernières années, résulte du fait que nous nous retenons, dans une certaine mesure, de ramener les cœurs à Hachem. Nous avons consacré notre temps à des réalisations pour nous-mêmes, et moins à éclairer les éloignés.

Nous assumerons de toutes nos forces l’effort d’influer sur chaque membre du peuple juif, nous et toute notre communauté Shuva Israël, et nous ferons en sorte que cette mitsva soit prioritaire, telle la pierre angulaire de chacune de nos journées et de chacun des actes que nous accomplirons.

Nous avons appris au cours de ces dernières années que les ténèbres sont épaisses, car des personnes qui pensent parfois qu’elles sont éclairées, renferment en elles une grande obscurité. Elles doivent elles aussi éclairer leur cœur et leur âme. Nous prendrons sur nous de puissants engagements. Tout Juif, quel qu’il soit, doit amender le monde dans la royauté de Cha-daï, et emplir la terre de la connaissance de Hachem.

Ya’acov Avinou lui-même, voulait s’installer tranquillement, quand l’épreuve de Yossef s’abattit sur lui. Alors qu’il pensait que le moment était venu pour lui de bâtir son adoration de Hachem personnelle, et de s’investir nettement moins pour influencer les autres, le courroux de Yossef s’est abattu sur lui. Des souffrances et de graves problèmes l’assaillirent.

C’est ce que nous trouvons dans le texte : «Ya’acov se retrouva seul et un homme se battit avec lui». C’est au moment où il s’est retrouvé seul et a voulu adorer seul son Créateur, sans exercer d’influence sur les autres, que l’ange d’Esaü est venu à lui et qu’un homme est venu se battre avec lui.

Nos Sages posent la question : « Pourquoi la Torah s’ouvre-t-elle sur la lettre Beth – Béréchit – et non pas sur la lettre Aleph ?»

Ils l’ont expliqué en disant que c’est en raison du mot malédiction (arour) qui commence en hébreu par la lettre aleph, alors que la bénédiction commence par la lettre beth. Ça ne coule pas de source, car il existe des malédictions dont la première lettre est un beth, et des bénédictions qui commencent par un aleph.

Alors pourquoi commencer la Torah par un beth (dont la valeur numérique est 2) et non pas par un aleph (dont la valeur numérique est 1) ? C’est que la plus grande malédiction consiste à se trouver seul, alors que la plus grande bénédiction consiste à se trouver à deux, deux qui forment un ensemble, c’est pourquoi la lettre aleph est associée à ce qui n’est « pas bien » et la lettre beth à ce qu’il y a «de meilleur ». C’est en formant une seule entité à deux que nous serons bénis dans tous les actes de nos mains, tandis qu’un homme qui se trouve « aleph », « un », se retrouvera maudit.

Puissions-nous parvenir à purifier nos fautes et toute personne qui rend les autres méritantes, le mérite du nombre est avec lui et la faute ne l’approche pas.

Comme un seul homme et d’un seul cœur, en intensifiant l’amour gratuit, nous mériterons une grande délivrance réellement proche.